Mardi 28 juillet 2009 2 28 /07 /Juil /2009 16:22



Il y a des journées comme ça, abandonnées aux bras d’un délicat zéphyr dominical et d’un tube cathodique savamment branché sur la première chaîne, qui appellent avec force à ne rien foutre, et finissent de surcroît par vous rendre abouliques. Pas moyen alors d’entreprendre quoi que ce soit, voir même, de vous imaginer entreprendre quoi que ce soit… Votre corps est là simplement, assoupi, et la futilité des choses qui l’entourent – à l’image de ce qui peut se jouer sur Secret Story-, jamais ne vous a paru aussi délectable. Hier, lundi, j’étais donc une de ces loques inhumaines que répugnait en son temps un type dénommé Thiers –célèbre moraliste bourgeois de son époque - et que répugne très certainement aujourd’hui, la société active toute entière –sinon tout du moins notre aimable  « ressort versaillais » (« jogger plus pour… », C’est ça non ?). Jamais jusqu’alors, ou peut être si, un jour ou deux placés sous le signe de l’emmerdement commémoratif -genre recueil national juilletiste-,  je n’avais dû ainsi faire face à une telle crise de paresse, à un tel manque de volonté.

 

Alors que j’étais affalé dans mon lit, qui soit dit en passant, avait vu mon être amorphe se prélasser en ses draps, 16 heures de nuit durant, je commençais sérieusement à envisager l’achat d’une forme de vie intelligente et laborieuse –pourquoi pas à l’image d’une ménagère-, histoire de pallier efficacement à mon inactivité qui semblait approcher, pensais-je, et ce après bientôt 4 heures d’éveil, le seuil de l'irréversibilité. Après un petit tour sur quelques sites qui paraissaient faire foi dans le domaine de la robotique, il a pourtant fallu que je me rende à l’évidence : Les seuls robots commercialisés et dont le prix aurait pu convenir à un étudiant issu des bas fonds de la classe moyenne, n'étaient rien d’autres que des putains de Furby et une espèce de simili-chat en plastique.

A croire finalement que la paresse n'est pas un droit donné à tout le monde...

Par Fraise Libre - Publié dans : Petites considérations
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Jeudi 23 juillet 2009 4 23 /07 /Juil /2009 11:03


La première édition ayant connu un succès monstre, ravissant à elle près de 60% des connections internet nationales le jour de sa publication -et 3 commentaires passionnés d'intervenants joueurs (merci à eux)- je ne pouvais, bien entendu, pas en rester là. Pour la deuxième édition, on complique un peu les choses avec les mots CUCULLE et GONFALONIER.

CUCULLE:
- (Ou cuculler) Mot familier synonyme de reculer et principalement employé dans les campagnes recluses de la France profonde. Exemple: « Cuculle la caisse Gérard que j'décharge les courses! »
- Petit oiseau de la famille de muscalidé dont le chant caractérise son nom.
- Capuchon de moine.
- Partie de la croupière sur laquelle repose la queue du cheval.
La solution est ici...

GONFALONIER:
- Porteur du gonfalon.
- Elément régulateur de pression présent sur certains aéronefs de type dirigeable.
- Grossier personnage, qui fait économie de la bienséance.
- Individu récurrent des soirées bien arrosées chez qui l'absorption d'alcool provoque la survenue de symptomes caractéristiques de la maladie dite du beauf  à son stade avancé.
La solution est ici...

Par Fraise Libre - Publié dans : Le jeu du jeudi
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Mardi 21 juillet 2009 2 21 /07 /Juil /2009 14:03
Allez, parce qu'on aime faire plaisir à tous les thoriciens du complot, aux esprits contradicteurs et aux éternels sceptiques, voilà la première partie du "documenteur" Opération Lune réalisé en 2002 par William Karel.

Partie 1:


+ Le reste est juste dessous:
Partie 2
Partie 3
Partie 4
Par Fraise Libre - Publié dans : Médias
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Mardi 21 juillet 2009 2 21 /07 /Juil /2009 13:05

On a qu’a se pencher un peu et regarder Frédéric Beigbeder se sniffer un rail de coke sur le capot de sa caisse -en plein Paris et pourquoi pas devant une école primaire-  pour comprendre à quel point la chose,  à quel point l’acte est devenu  insignifiant sinon plutôt cool ; enfin tout du moins pour un type qui reste publicitaire dans l’âme et qui ne rate jamais une occasion de vendre sa came. Hier, Le Monde faisait état d’une nouvelle tendance à la banalisation de la consommation de crack, dérivé purifié de la cocaïne, notamment en Ile-de-France. Si par le passé la vente puis la consommation demeuraient relativement marginales, cantonnées le plus souvent à l’insalubrité de squats parisiens, Le Monde nous explique qu’elles tendent à se diffuser rapidement  à la faveur, entre autre,  d’une certaine professionnalisation du secteur. Alors que dans les années 90, le crack, dont le commerce se faisait au rythme de la nonchalance antillaise –il faut lire certains bouquins de géographie tropicale pour mesurer cette nonchalance-, jouissait d’une image négative, le début des années 2000 aura vu s’opérer un renversement complet des modes   d’opérer et de consommer, les lieux de revente étant désormais administrés,  semble-t-il, par de la jeune « racaille de banlieue » -en plaise à Sarkozy.

Et pas besoin maintenant de se la jouer Paco Rabanne pour entrevoir que le commerce, tombé entre les mains des « Grands Ensembles » de la Banlieue Nord, ne souffrira plus d’être inquiété par l’Etat. Aujourd’hui, si  ce dernier et sa force policière ne semblent plus réagir sur la question du trafic de drogue –surtout du trafic de drogue en « banlieue », sorte par endroits, de no man’s land juridique- c’est d’abord parce que ça l’arrange : C’est vrai après tout, pourquoi nettoyer la « banlieue » d’une merde qui n’est rien d’autre que son ciment ? Pourquoi encore, assainir l’endroit,  quand la crasse tient lieu de garde-manger?  A part peut être pour Eve Angeli, ce n’est plus une nouvelle pour personne : La drogue est certainement le revenu principal des banlieues ; une économie souterraine et prospère qui, sur la base d’un élémentaire système de circulation-distribution, fait vivre une population dont l’inactivité va croissante.  Une économie encore qui, malgré qu’elle ne profite pas à tout le monde là bas, a au moins le mérite d’installer une forme précaire de paix civil.

L’action ici –pas la petite descente de flics télévisée on s’entend-  reviendrait pour l’Etat, à assumer l’impossible, c'est-à-dire à fournir à au moins 92% de la population active, une chose dont elle a peut être oubliée le sens depuis 20 ans ; à lui procurer du travail. Et quand on sait enfin, combien gagne un industriel de la drogue, un directeur des ventes ou un responsable logistique dans le milieu, on peut se dire que le reclassement, à niveau de salaire égal, sera, comment dire…, problématique.

Par Fraise Libre - Publié dans : Drugs addict
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Vendredi 17 juillet 2009 5 17 /07 /Juil /2009 22:40


A l’exception peut être de Martine à la ferme, ou encore, de Oui-oui fait du skate –un collector celui-ci, que je crois d’ailleurs être le seul à posséder-, œuvres pour lesquelles l’exercice de la dissection littéraire ne semble pas appeler la découverte d’éléments subversifs, il est relativement facile, pour peu qu’on ne soit pas illettré, de saisir la charge contestataire d’un livre et ce, dépendamment –ou non- du contexte social et de l’époque de sa publication, comme de sa lecture. Jusque récemment,
et la survenue de l’affaire des pseudos terroristes gaucho-révolutionnaires de Tarnac, je pensais un peu « connement » mais en bon enfant décérébré de la télé post-URSS -sédaté à grandes injections de Club Dorothée et de Minikeums-, que l’on accordait guère plus d’importance à ce qui pouvait être écrit dans les livres ; que tout ce qu’un bouquin pouvait faire seulement, à défaut de réveiller d’improbables ardeurs révolutionnaires, c’était de provoquer chez celui qui le lisait, une somnolence incontrôlable, voir chez le plus fragile des lecteurs contraints, une irrépressible envie d’autodafé, puis une somnolence incontrôlable. Je pensais ça donc, et j’étais loin de me dire, à des milliers d’années lumières même, qu’un truc pareil aujourd’hui, qu’un tas de pages tartinées d’encre et de quelques idées –là j’avais plus de synonymes pour « livre »- pouvait constituer un élément à charge, une preuve potentielle encore, de la culpabilité d’un homme face aux accusations d’une autorité morale.

Pour la plupart d’entre nous et quelques bobos avides de révolte, aujourd’hui, Houellebecq constitue  le summum de la chose subversive, pointant du doigt les dérives de notre société néolibérale. Et c’est vrai qu’il est fort pour ça Houellebecq - l’antipathique-, lorsqu’il ne s’amuse pas simplement à verser dans le conformisme de la littérature contemporaine, habillant ses bouquins de sexe un peu trashouille et de répliques cuisinées au vitriole, façon Bukowski parfois. Enfin… Redevenons sérieux quelques secondes : On n’a jamais vu un type arrêté pour attentat à la pudeur, se faire signifier qu’il possédait dans sa bibliothèque deux trois ouvrages de Houellebecq qui auraient pu légitimer son passage à l’acte… Ainsi, au dessus, bien au dessus de Oui-oui et de son skate, de Houellebecq et de sa fausse esthétique de la subversion –cf. La Possibilité d’une île entre autre-, on trouve l’œuvre subversive par essence, celle qui, comme les Lettres Persanes de Montesquieu, Candide de Voltaire ou l’œuvre de Sade, en leurs temps -mais pas que-, chahute la morale en place.

Les œuvres qui dérangent aujourd’hui, à l’image de L’insurrection qui vient, parue  pour la première fois en mars 2007 –traduit récemment du français à l’anglais- et dont on attribut sans doute à tort, tout ou partie de la rédaction à Julien Coupat -celui là même qui se voyait trahit par sa bibliothèque-, sont d’abord des essais à caractère anarcho-révolutionnaire, des pamphlets qui invitent activement le lecteur à remettre en cause les fondements d’une société que bien souvent, ils jugent facteurs de  non-sens, de tensions, ou bien encore d’une certaine déliquescence des rapports sociaux, et ce, au-delà  de tous clivages politiques réducteurs : « De gauche à droite, c’est le même néant qui prend des poses de cador ou des airs de vierge, les mêmes têtes de gondole qui échangent leurs discours d’après les dernières trouvailles du service communication. »- L’insurrection qui vient, page 7. Dans l'Inssurection qui vient , on fait donc le constat d'une société artificialisée, mutilée et rongée à tous ses bouts par la bête capitaliste qui, n'en finissant pas de grandir, absorbe à elle toutes les dimensions du vivant pour, in fine, en prendre le contrôle. C'est là, la dernière phase du capitalisme.

«...Un des modèles-type de la société actuelle (la "métropole") c'est un marché de Noël (!) où derrière la vente de babioles se profile le quadrillage des flics et des réseaux de caméras de surveillance. C'est aussi la jeune fille quin'existe qu'à travers la gestion obsessionnelle de sa propre "valeur" ou de ses différents "capitaux". Enfin le "bio" en prend pour son grade, la "bioéconomie" (façon "biopouvoir" n'est-ce-pas) étant le dernier prétexte pour l'extension du contrôle de chaque geste sous les auspices d'un capitalisme qui joue sa survie en changeant de forme et qui voudrait reconstruire ce qu'il a détruit, et ce qu'il a aliéné. »    Radical Chic.      

Passée la prise de conscience, que le monde qui nous entoure est à gerber, que la société, doucement mais surement est en train de craquer, on préconise la révolte organisée ; pas celle de « couleur », pas celle de l’impérialisme américain ; non, l’autre plutôt. L’œuvre subversive prend alors toute sa dimension :  « Il s’agit de savoir se battre, crocheter des serrures, soigner des fractures aussi bien que des angines, construire un émetteur radio pirate, monter des cantines de rue, viser juste,(…) retrouver les intuitions perdues, tous les usages, tous les liens possibles avec notre milieu immédiat et les limites au-delà desquelles nous l’épuisons ; cela dès aujourd’hui, et pour les jours où il nous faudra en obtenir plus qu’une part symbolique de notre nourriture et de nos soins. » L’insurrection qui vient, page 96. A la manière d’un Emile Pouget, auteur en 1898 de Le Sabotage, on nous enseigne les rudiments de la noble désobéissance, celle que méritent -et rien de plus-, les acteurs avilissants et les séides de notre monde dégénéré. On nous forme, sommairement mais tout de même, aux techniques de guerre, façon Mini manuel du guérillero urbain de Marighella, on nous enseigne encore, ce qu’il faut savoir du « système », style Vaneigem, pour mieux le foutre en l’air et pourquoi pas lui pisser dessus ; mais quelques gouttes seulement hein !

Après les premières heures de la révolution et de la chute du modèle jadis institué, vient ensuite le temps de l’organisation progressive donc, de l’absorption puis de la maîtrise du territoire avec lequel la révolution doit se confondre (page 97). Sur la base de « communes », notion abstraite et multiforme, symboles de la dissidence concertée et réfléchie –loin on l’espère de leurs cousines chinoises, plus « populaires »-, on nous invite encore dans L’insurrection qui vient, à prendre notre destin en main, à renverser et à occuper l’espace plutôt qu’à le délaisser, à stériliser toutes résurgences autoritaires, tout obstacle nouveau à l’entrave de l’entreprise révolutionnaire : « Ce dont il s’agit, c’est de densifier localement les communes, les circulations et les solidarités à tel point que le territoire devienne illisible, opaque à toute autorité. » Et là, tout est à peu près dit.
Outre la gueulante, il y a souvent dans l'oeuvre subversive contemporaine, l'instantané réaliste d'une société qui court à sa perte: L'insurrection qui vient pourrait être de cela, pourrait être tout simplement le récit d’une saison en enfer (Bailly).
Profonde, elle déconstruit et renverse la marche du monde, propose à l’esprit un cheminement capable de transformer fondamentalement la nature et l’essence des choses,  mais surtout d’un fait et d’un ensemble de faits sociaux.
L
a subversion est ici et plus qu'ailleurs cependant, là ou débute la dangereuse réflexion du téléspectateur de TF1 ou bien, comme moi, du type d'habitude plutôt adepte des lectures blytoniennes.


+ L'insurrection qui vient en ligne, format pdf.

Par Fraise Libre - Publié dans : Popolitique
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